GEORGES SIMENON: MAIGRET TEND UN PIEGE


"Pourquoi les autres, comme probablement celui dont nous parlons, agissent-ils différemment de leurs semblables ?"

Auteur:

Georges Simenon naît à Liège en 1903. Après un bon parcours scolaire, il décide de quitter l’école à 15 ans et devient journaliste en Belgique. Il se rend ensuite à Paris, où il prend goût à l’écriture. A partir de 1924, il se met à écrire des romans sous différents pseudonymes. Il choisit, à 28 ans, de publier son roman « Pietr le Letton » sous son vrai nom. Suite au succès des Maigret, il entre chez Gallimard en 1935. Il se tourne plus tard vers des ouvrages psychologiques, tel que l’Aîné des Ferchaux et publie aussi « Je me souviens » et « Pedigree », deux œuvres autobiographiques. Il s’installe en Suisse et y décède en 1989.

Source : http://www.linternaute.com/biographie/georges-simenon-1/biographie/

Descriptif:

  • Titre original : MAIGRET TEND UN PIEGE

  • Auteur : Georges Simenon                           Lecture en VO (VF)
  • Editions : Presses de la Cité                         Date de publication : 1955

  • Nombre de pages : 188                               Prix : /


Résumé:

Maigret préférait rentrer à pied, tout seul, et, à mesure qu’il marchait le long des trottoirs, son excitation tombait, une expression plus grave, presque angoissée, envahissait son visage. En six mois, cinq femmes qui marchaient dans les rues de Paris avaient été victimes d’un même assassin.

Mon avis:

Je n’ai jamais été beaucoup tentée de lire ce genre de romans. J’apprécie certains policiers, mais j’avais quelques préjugés concernant Maigret, en grande partie dus à la série télévisée. Toutefois, m’étant vue proposer de lire ce roman, afin de donner mon avis, je me suis lancée. Cette lecture s’est faite simplement, et a comblé mes attentes, ni plus ni moins.

Maigret, commissaire de police, se lance dans une enquête : un tueur en série tue des femmes de plusieurs coups de couteau, et ce dans le même quartier. Va-t-il découvrir qui en est le responsable ?

Georges Simenon, Belge de son état, était plutôt connu chez nous, je n’avais toutefois jamais lu l’un de ses livres ; il a pourtant une riche bibliographie. Voilà qui est chose faite.

Le style est plutôt simple mais se laisse lire. Il y a toutefois des expressions vieillottes, ce qui est normal si on prend en considération quand ce livre a été écrit. On peut dire que l’écriture va droit au but, sans se préoccuper d’un style élaboré. Cela se rapproche du genre considéré. Les descriptions se font plutôt rares, cela ne choque toutefois pas. En effet, on suit une enquête policière, l’important est que les dialogues soient bien engagés, ce qui est le cas. Ils nous plongent dans l’enquête, nous suivons les pistes avec le commissaire Maigret jusqu’à découvrir le coupable. Lequel ne m’était pas venu à l’esprit avant la fin. Le suspense est donc bien présent, et on observe avec plaisir l’enquête. Toutefois, est-ce dû au style ou aux nombreux personnages, mais il a été difficile d’entrer dans l’histoire, il n’est pas possible de se mettre dans la peau de Maigret, on observe les événements de loin, comme si on regardait la télévision.

Il y a trop de personnages à mon sens, ce qui m’a fait perdre le fil, du moins dans la première partie du roman. On se demande qui est qui, de la police ou des témoins. Ils ne sont pas assez décrits non plus, peut-être est-ce dû au fait que ce n’est pas le premier tome des Maigret. J’ai aussi trouvé certains personnages sans caractère, comme coupés du monde extérieur.

Toutefois, j’ai aimé, fait rare, le meurtrier ; cela peut sembler bizarre mais j’ai trouvé qu’il avait une profondeur, on comprend ses actes, sans les cautionner. Un raisonnement psychologique nous aide à comprendre son mal-être. Le commissaire Maigret m’a plu par certains aspects, tels que son acharnement au travail et à trouver le meurtrier. Toutefois, il est plusieurs fois tenté de baisser les bras ; je n’ai pas réussi à bien cerner sa personnalité.

L’histoire n’est pas en somme originale ; j’ai trouvé certains éléments plutôt gros, ils trouvent trop facilement le coupable, sur base d’une simple enquête. Toutefois, l’intrigue en elle-même, les motivations du tueur m’ont entraîné dans la lecture. Ce récit manque un peu d’émotions, mais cela convient bien au style policier. J’ai moyennement apprécié ma lecture, j’ai passé un bon moment mais elle ne m’a emportée ; je ne voulais pas automatiquement tourner la page pour connaître la suite. Le lecteur n’entre pas assez facilement dans le récit, j’ai senti comme des barrières. Cette histoire reste cependant bien écrite, sa réputation n’étant plus à faire. Elle reprend les ficelles du genre, sans apporter grande nouveauté. Cela reste une lecture plaisante, simple, une petite enquête policière sans prétention.

En conclusion, j’ai moyennement apprécié, ce fût une lecture simple mais tout de même distrayante. Il y a eu des points négatifs : des personnages apathiques, des éléments plutôt gros, une plongée difficile dans l’intrigue. Cela reste tout de même une lecture sans prise de tête.

Un extrait qui m’a plu :

-         Une certaine personne est en effet venue me voir hier après-midi en compagnie de deux inspecteurs.

-         Une personne que ces inspecteurs avaient appréhendée ?

-         Il s’agit plutôt d’une visite amicale.

-         C’est pour cela que l’homme se cachait le visage avec son chapeau ?

(p.25)